Google Ads
SEA ou Google Ads : la différence
SEA et Google Ads ne désignent pas la même chose. Ce que couvre chaque périmètre, les trois critères qui départagent et les questions à poser avant de signer.
SEA et Google Ads ne désignent pas la même chose
Le SEA, pour Search Engine Advertising, désigne l'ensemble de la publicité sur les moteurs de recherche. Google Ads est la régie publicitaire de Google, donc un des moyens de faire du SEA, au même titre que les autres régies. La nuance a l'air scolaire. Elle détermine pourtant ce que couvre réellement la prestation que vous achetez.
Un prestataire qui se présente comme agence Google Ads vous parle d'un outil. Un prestataire qui se présente comme agence SEA vous parle d'un canal. Les deux expressions sont couramment employées l'une pour l'autre, y compris par des agences sérieuses. L'étiquette seule vous renseigne donc peu, mais elle constitue un bon point d'entrée pour cadrer le périmètre au moment de la consultation.
Ce que le SEA couvre au-delà de Google
En France, l'usage courant confond les deux termes parce que Google est le moteur de recherche de référence du marché publicitaire français. Trois autres surfaces méritent pourtant d'être évaluées selon votre activité, et elles sortent presque toujours du périmètre annoncé.
Microsoft Advertising diffuse sur Bing, et en option sur un réseau de partenaires de recherche syndiqué que l'annonceur peut activer ou désactiver. La couverture dépend donc de ce paramétrage, à vérifier au cas par cas. L'intérêt réel dépend fortement de votre secteur et de votre audience, et la seule façon honnête de trancher est de tester à petit budget puis de mesurer. L'import de campagnes depuis Google Ads est natif, ce qui rend ce test peu coûteux en temps de mise en place.
Amazon Ads capte les recherches à intention d'achat directement sur la place de marché. Si vous y vendez, une partie de votre demande transactionnelle s'y joue, hors du périmètre Google, avec ses propres règles d'enchère et son propre vocabulaire.
Les régies des places de marché sectorielles, dans le bricolage, la mode ou l'alimentaire, fonctionnent sur la même logique. Elles sont rarement intégrées aux prestations SEA standard, et c'est un point à soulever explicitement au lieu de le supposer.
Pourquoi la distinction change votre cahier des charges
La question utile porte sur ce que l'agence inclut dans son forfait et sur ce qu'elle facture en supplément.
Une agence qui ne pilote que Google mais se présente comme agence SEA vous facturera peut-être un élargissement à Bing comme une prestation additionnelle. À l'inverse, une agence qui se dit Google Ads mais gère aussi d'autres régies sans le mettre en avant vous fera économiser une ligne de négociation. Dans les deux cas, seul le contrat vous renseigne.
Demandez donc systématiquement, par écrit, la liste des régies incluses, celles qui sont possibles moyennant un avenant, et celles qui sont hors périmètre. Cette simple question évite des malentendus qui, autrement, apparaissent une fois la prestation lancée.
Les trois critères qui départagent réellement les prestataires
Le choix se joue sur trois éléments observables dès la phase de consultation, bien avant les questions de vocabulaire.
La structure de compte. Demandez à voir, sur un compte anonymisé, comment le prestataire organise ses campagnes. Une arborescence lisible, des groupes d'annonces resserrés et une gestion active des mots-clés à exclure en disent plus long qu'un discours commercial. Un compte bien tenu se lit en quelques minutes, et un compte laissé en pilote automatique se repère tout aussi vite.
Le pilotage de la marge avant le volume. Un compte peut afficher un excellent retour sur dépense publicitaire tout en dégradant la marge, si les produits poussés sont les moins rentables du catalogue. Le bon interlocuteur vous demandera vos marges par gamme avant de parler de budget média. S'il ne pose jamais la question, il optimisera ce qu'il voit, à savoir le chiffre d'affaires publicitaire.
La transparence sur le mode de rémunération. Un pourcentage du budget média aligne l'agence sur la dépense engagée, quand votre intérêt porte sur la rentabilité. Un forfait indexé sur le temps passé est plus neutre de ce point de vue, mais suppose que le périmètre soit clairement défini. Aucun des deux modèles n'est malhonnête en soi ; il faut simplement savoir lequel vous signez, et pourquoi.
Les cinq questions à poser avant de signer
Ces questions cadrent une consultation en moins d'une heure et se répondent sans jargon.
1. Quelles régies pilotez-vous au-delà de Google Ads, et lesquelles sont incluses dans le forfait ?
2. Qui travaille concrètement sur mon compte au quotidien, et quel est son parcours ?
3. Comment mesurez-vous la contribution du SEA quand un client passe par plusieurs canaux avant d'acheter ?
4. Quelle est votre politique sur les mots-clés de marque, et comment isolez-vous leur performance du reste du compte ?
5. Que se passe-t-il à la fin du contrat, pour le compte publicitaire et son historique ?
La quatrième mérite une attention particulière. Les requêtes contenant votre marque convertissent mécaniquement bien, puisque le prospect vous cherchait déjà. Les inclure sans les isoler gonfle artificiellement les résultats du compte. Un prestataire qui sépare spontanément la performance sur la marque du reste vous donne une lecture honnête. Mélanger les deux revient à vous vendre votre propre notoriété.
La troisième question, sur la mesure multicanale, mérite elle aussi d'être creusée. Le SEA capte souvent la dernière interaction avant l'achat, ce qui lui fait porter le mérite de conversions préparées ailleurs, par le référencement naturel, une campagne sociale ou une newsletter. Un prestataire qui ne regarde que le dernier clic surestimera mécaniquement son propre canal. Demandez quel modèle d'attribution il utilise, et surtout ce qu'il ferait si vos données montraient que le SEA de marque cannibalise du trafic que vous auriez obtenu gratuitement.
La propriété du compte, le point qu'on oublie de soulever
La cinquième question est la plus révélatrice, et c'est celle qu'on oublie de poser au moment où tout va bien.
Un compte publicitaire doit être ouvert à votre nom, avec l'historique de conversions qui alimente les algorithmes d'enchère automatique. Cet historique a de la valeur : c'est lui qui permet aux stratégies d'enchère intelligentes de fonctionner correctement, et il se reconstitue lentement.
Deux situations très différentes se cachent derrière cette question.
Si le compte est ouvert à votre nom, votre prestataire y accède via son compte administrateur. Le jour où vous changez, il suffit de le délier : le compte reste le vôtre et conserve son historique de campagnes (documentation Google). Une réserve technique existe tout de même sur les conversions. Si le suivi passait par la balise inter-comptes du prestataire, elle cesse d'enregistrer les clics postérieurs au déliage, et c'est la balise propre à votre compte qui reprend la main, à condition qu'elle soit installée. Vérifiez ce point avant la séparation, pas après.
Si les campagnes vivent dans le compte du prestataire, la situation est tout autre. La structure des campagnes peut techniquement être copiée vers un autre compte avec Google Ads Editor, mais les statistiques de performance ne suivent pas, et les stratégies de portefeuille d'enchères sont remplacées par des enchères manuelles au CPC (documentation Google Ads Editor). Vous récupérez donc le squelette, pas l'apprentissage : les algorithmes d'enchère repartent de zéro. Et cette copie suppose que le prestataire accepte de la faire, ce que rien ne l'oblige à faire. C'est le scénario à éviter, et il se décide au premier jour.
Faites écrire noir sur blanc, avant de démarrer, à quel nom le compte est ouvert. C'est cette phrase du contrat qui détermine laquelle des deux situations vous concernera.
Par où commencer
Si vous hésitez entre plusieurs prestataires, posez les cinq questions ci-dessus à chacun. Combinées aux trois critères ci-dessus, leurs réponses vous départageront plus sûrement qu'une différence de vocabulaire, et elles vous en apprendront autant sur la façon de travailler que sur le périmètre technique.
Chez Make Sense 4 Digital, nos consultants ont tous exercé côté annonceur e-commerce avant de rejoindre l'agence. C'est ce qui explique notre insistance sur la marge : quand on a porté un compte de résultat, on sait qu'un retour sur dépense publicitaire flatteur peut masquer une gamme vendue à perte. Nous partons donc de vos marges par gamme avant de parler de budget média.
Pour aller plus loin, notre page agence SEA détaille notre périmètre et notre méthode, et la page agence Google Ads entre dans le détail de la régie, et un audit de compte permet d'objectiver l'état des lieux avant tout engagement. Si vous préférez en discuter directement, écrivez-nous : nous vous dirons franchement si votre besoin relève de notre périmètre ou non.