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Keyword gap analysis : Ahrefs, Semrush ou Sistrix ?

Keyword gap analysis en e-commerce : ce que couvrent vraiment Ahrefs, Semrush et Sistrix, leurs limites documentées, et ce qu'une agence doit livrer.

Publié le 06/09/2026Par Maxence Vanderswalmen

Une keyword gap analysis compare votre couverture de mots-clés à celle de vos concurrents, pour isoler les requêtes sur lesquelles ils apparaissent et vous non. En e-commerce, la demande arrive presque toujours au moment d'un arbitrage budgétaire : faut-il créer des pages catégorie, réécrire des fiches produits, ou déplacer une part du budget vers le SEA. Trois outils reviennent dans les propositions commerciales sur le marché francophone : Ahrefs, Semrush et Sistrix. Ils ne comparent ni le même nombre de concurrents, ni la même profondeur de positions, ni la même base de mots-clés.

Ce comparatif s'appuie sur les documentations officielles des trois éditeurs, pages consultées le 6 septembre 2026. Chaque URL est donnée en clair à côté de l'affirmation qu'elle porte : ces produits évoluent vite, et c'est la page que vous lirez le jour de votre décision qui fait foi, pas la présente synthèse. L'objectif est de vous donner de quoi lire une proposition d'agence, pas de vous apprendre à cliquer dans une interface.

Ce qu'une keyword gap analysis doit produire

Un export de mots-clés manquants ne constitue pas un livrable. Le fichier brut sort en quelques minutes de n'importe lequel des trois outils, et sa longueur est souvent inversement proportionnelle à son utilité : plus il compte de lignes, moins la décision est prise.

La valeur du travail tient dans cinq choix, tous à documenter avant l'export.

  • Le périmètre concurrentiel retenu, et le critère qui l'a fixé. Les concurrents de SERP et les concurrents commerciaux forment rarement la même liste, et un site de contenu peut occuper vos requêtes sans jamais vendre le produit.
  • La maille d'analyse : domaine entier, nom d'hôte, répertoire ou URL. Sur un catalogue, la comparaison de deux répertoires catégorie dit davantage que la comparaison de deux domaines.
  • La profondeur de position acceptée, du top 10 au top 100. Elle fait varier la taille du gap dans un rapport de un à plusieurs dizaines.
  • Le filtre d'intention, qui décide si une requête relève d'une page catégorie, d'une fiche produit ou d'un contenu éditorial.
  • Le rattachement de chaque mot-clé conservé à une page existante ou à créer, et à quelqu'un qui la produira.

Les trois outils traitent les deux premiers points de façon très différente. C'est là que le choix se joue.

Ahrefs Content Gap : dix concurrents et le scope URL exacte

La documentation d'Ahrefs indique que le Content Gap accepte jusqu'à dix concurrents dans une même comparaison, et qu'il faut sélectionner la portée URL exacte pour comparer une page unique à d'autres pages (https://help.ahrefs.com/en/articles/9025740-how-to-use-content-gap-to-find-keyword-ideas-from-competitor-websites). Deux jeux de filtres se superposent : le premier porte sur la localisation, la période et des métriques comme la difficulté ou le trafic, le second sur les plages de positions occupées par la cible et par les concurrents.

Ce mode URL exacte est ce qui rend l'outil directement exploitable sur un catalogue. Comparer une page catégorie à trois pages catégorie concurrentes produit une liste courte et actionnable, là où la comparaison de deux domaines entiers noie le sujet sous les requêtes de marque, de service client et de suivi de commande.

Côté base, Ahrefs annonce 28,7 milliards de mots-clés filtrés sur 110 milliards découverts au total, et 217 localisations (https://ahrefs.com/keywords-explorer).

Semrush Keyword Gap : quatre concurrents, sept intersections, un mode Shopping

Semrush documente une comparaison côte à côte de cinq profils de mots-clés au maximum, le premier champ étant votre propre domaine, soit quatre concurrents, et classe les résultats en sept catégories : partagés, manquants, faibles, forts, inexploités, uniques, et la liste complète (https://www.semrush.com/kb/28-keyword-gap). Trois types de recherche sont analysables : l'organique sur le top 100, le payant sur les huit premières positions, et les annonces produits Shopping. Sur les pages que nous avons consultées, Semrush est le seul des trois à documenter un mode Shopping dans son comparateur de mots-clés.

Pour un marchand, cette distinction change l'affectation du travail. Un écart sur Shopping se traite dans le flux produit, sur les titres, les attributs et la structure de campagne, pas dans le contenu éditorial. Confondre les deux revient à financer de la production de contenu pour un problème de flux. L'articulation entre les deux canaux est traitée dans notre article sur la cannibalisation organic paid.

La même page documente des plafonds qui pèsent sur un gros catalogue : le nombre de lignes par rapport est limité selon l'abonnement, de 10 000 à 50 000, avec un nombre de requêtes quotidiennes lui aussi plafonné. Sur un site de plusieurs dizaines de milliers de références, un export tronqué à 10 000 lignes donne le haut d'un tri, pas un échantillon représentatif du catalogue. Vérifiez donc quel plan votre prestataire utilise avant de commenter la taille du gap.

Côté couverture, Semrush annonce plus de 28 milliards de mots-clés et 142 bases de mots-clés régionales (https://www.semrush.com/features/keyword-research/).

Sistrix : le recouvrement d'abord, les mots-clés inutilisés ensuite

Sistrix inverse l'ordre des opérations. Sa fonction de mots-clés communs accepte jusqu'à quatre domaines concurrents en plus du vôtre, et prend le domaine, le nom d'hôte, le répertoire ou l'URL, le protocole devenant obligatoire à partir du niveau répertoire (https://www.sistrix.com/tutorials/check-keyword-overlaps-with-the-competition/). Le résultat mis en avant est le recouvrement entre deux jeux de mots-clés, exprimé en part des requêtes communes. Plus ce recouvrement est élevé, plus le concurrent pèse sur vos positions.

La liste des manques vient ensuite, avec la fonction de mots-clés inutilisés. Elle remonte par défaut les requêtes où un concurrent figure dans le top 100 sans que votre domaine y apparaisse, avec des filtres de profondeur top 20 et top 10, et jusqu'à trois concurrents comparés (https://www.sistrix.com/tutorials/how-to-spot-which-keywords-of-your-domain-can-be-immediately-optimised/). La position exacte du concurrent est affichée pour chaque ligne, ce qui permet d'estimer l'effort de dépassement avant d'engager la production.

Cet ordre rend service quand la liste des concurrents n'est pas encore arrêtée : on qualifie la menace, puis on liste les manques. La couverture géographique est en revanche plus étroite, avec 40 pays servis en données SERP et visibilité, et plus de 350 combinaisons langue et pays accessibles en projets personnalisés (https://www.sistrix.com/faq/what-countries-does-the-sistrix-toolbox-cover/).

Les trois outils ne mesurent pas le même marché

Deux différences structurelles rendent les exports non comparables entre eux.

La première tient aux bases. Ahrefs et Semrush annoncent le même ordre de grandeur, 28,7 milliards de mots-clés d'un côté, plus de 28 milliards de l'autre : la taille annoncée ne départage donc pas les deux outils, et deux collectes de volume voisin peuvent porter sur des requêtes différentes, réparties sur des localisations et des bases régionales qui ne se recouvrent pas. Sistrix ne publie pas de taille de base dans les pages que nous avons consultées, la comparaison de volumétrie ne porte donc que sur deux des trois outils. Une requête présente chez l'un et absente chez l'autre ne signale pas une erreur, seulement une différence de collecte, et fusionner deux exports produit des doublons et une illusion de couverture.

La seconde tient au nombre de concurrents comparables, à périmètre égal, votre domaine exclu du décompte : dix chez Ahrefs, quatre chez Semrush, quatre en recouvrement et trois en mots-clés inutilisés chez Sistrix, soit quatre concurrents à égalité entre Semrush et le recouvrement Sistrix. Le mot manquant n'a donc pas la même définition d'un outil à l'autre. Un manque constaté face à trois concurrents reste une observation beaucoup plus fragile qu'un manque constaté face à dix.

La conséquence pratique tient en une règle : fixer un outil de référence par marché, et s'y tenir dans la durée. Changer d'outil entre deux mesures rend toute lecture de progression invérifiable. C'est un point à vérifier dans une proposition d'agence qui promet un suivi mensuel.

Ce que l'outil ne tranche pas

Aucun des trois ne connaît votre marge par catégorie, votre disponibilité fournisseur ni votre zone de livraison. Un mot-clé peut être parfaitement atteignable et parfaitement inutile : référence en rupture structurelle, catégorie dont la marge ne survit pas aux frais de port, produit non livrable sur une partie du territoire visé.

Nos consultants ont piloté des catalogues côté annonceur avant de rejoindre l'agence, et ce passage déplace l'ordre des questions. Avant de demander combien de requêtes manquent, on demande quelles catégories supportent un investissement de contenu compte tenu de leur marge, et lesquelles sont déjà servies par le SEA. Une bonne part du travail sur une keyword gap analysis consiste à supprimer des lignes, et cette part ne sort d'aucun outil.

Comment nous cadrons la mission chez MS4D

Notre séquence tient en six étapes, et chacune laisse une trace opposable.

1. Arrêter le périmètre concurrentiel sur un critère écrit, en séparant les concurrents de SERP des concurrents commerciaux.

2. Choisir la maille avant l'export, en général le répertoire catégorie plutôt que le domaine entier.

3. Fixer la profondeur de position et la base régionale, puis les geler pour toutes les mesures suivantes.

4. Croiser la liste avec la marge et la disponibilité réelles du catalogue, avec les équipes côté client.

5. Rattacher chaque mot-clé conservé à un type de page, à une échéance et à un responsable de production.

6. Trancher ce qui relève du SEO et ce qui reste au SEA, sujet que nous détaillons dans notre article sur l'arbitrage entre SEO et SEA.

Make Sense 4 Digital accompagne des marques e-commerce depuis ses bureaux de Lille et de Montréal, sur le SEO, Google Ads, Meta Ads et le CRM Klaviyo. La grille dans laquelle nous classons les chantiers issus de cette analyse est détaillée dans notre grille de priorisation d'audit SEO e-commerce.

Quatre questions à poser avant de signer

Ces quatre questions se posent en réunion et se répondent en une phrase chacune. Une agence qui hésite sur l'une d'elles n'a pas encore fait le travail.

  • Quel outil, quelle base régionale et quelle date d'extraction. Sans ces trois éléments, le fichier ne sera pas rejouable dans six mois.
  • Quels concurrents ont été retenus, sur quel critère, et lesquels ont été écartés.
  • Quelle profondeur de position et quelle maille d'analyse ont servi à produire la liste.
  • Combien de lignes ont été supprimées de l'export brut, et pour quels motifs.

Une keyword gap analysis correctement cadrée tient dans une liste courte, datée, chiffrée en effort et rattachée à des pages identifiées. Pour faire instruire ce cadrage sur votre catalogue, demandez un diagnostic SEO, consultez notre offre SEO e-commerce, ou contactez-nous pour en discuter.